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Les Ateliers du Bocage développent des modèles d’économie solidaire et durable à l’étranger

Fort de son expérience dans le domaine du recyclage des DEEE en France, l’association Les Ateliers du Bocage, en partenariat avec Emmaüs International et Orange, ont mis en place une action pilote au Burkina Faso menée par son chef de projet Hubert Fodop Djojo. Ce dernier a pour objectif d’expérimenter un modèle économique indépendant qui répond aux préoccupations environnementales et sociales grandissantes au Burkina. Les téléphones portables irréparables sont généralement abandonnés par les utilisateurs dans la nature ou chez des réparateurs qui ne disposent d’aucune filière de recyclage. Ainsi près de 3 millions de téléphones sont en activité au Burkina et aucune solution ne répond au problème environnemental qu’ils soulèvent.

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Les acteurs locaux du projet Clic Vert à Ougadougou

De gauche à droite : Hubert Fodop, Chef de projet Clic Vert International pour les Ateliers du Bocage ; Samuel Yéyé, Conseiller Technique, représentant le Ministre de l’Environnement et du Cadre de vie ; Suzanne Waré, Présidente Emmaüs Burkina Faso ; Kouanda Rasmane, Président de l’Association des Réparateurs et Revendeurs de téléphones mobiles de Ouagadougou.

Cette action pilote expérimente une activité totalement nouvelle au Burkina Faso : la première structure de dépollution de téléphones portables. La cérémonie officielle de lancement a eut lieu le jeudi 11 mars 2010 à Ouagadougou en présence de Samuel Yéyé, conseiller technique représentant le ministre de l’Environnement et du Cadre de Vie : Salifou Sawadogo, Suzanne Waré, Présidente d’Emmaüs Burkina, et Kouanda Rasmane, Président de l’Association des réparateurs et revendeurs de téléphones mobiles

Les Ateliers du Bocage intervenaient déjà depuis plusieurs années sur le territoire Burkinabé en matière de collecte et de dépollution de matériel informatique. Ce nouveau projet s’attache à préciser le rôle de collecteur de la structure et à la positionner comme l’interlocuteur principal d’une filière complète de dépollution. Le modèle économique poursuivi offre des alternatives intéressantes : d’un côté des ateliers de tri, de recyclage et de réemploi, de l’autre une boutique de vente de produits réutilisables, et au centre la création d’emplois et la promotion du développement durable.

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Un agent collecteur Clic vert - Ateliers du Bocage à Ouagadougou

Pour cette nouvelle activité, des agents collecteurs ont été recrutés pour faire du porte à porte auprès des réparateurs et des revendeurs de téléphones mobiles de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Chaque kilogramme de déchets collecté est échangé contre deux accessoires en bon état : chargeur, kit main libre, câble USB... Les collecteurs sont facilement identifiables grâce à leur mobylette munie d’une caisse verte à l’arrière et d’un écriteau : « Collecte et recyclage de déchets de téléphones mobiles. » Samuel Yéyé, représentant du ministre de l’Environnement, saluait la démarche participative des Ateliers du Bocage Burkina et souhaitait que ce modèle inspire d’autres acteurs à lutter contre toutes les formes de pollution de l’environnement et du cadre de vie.

Emmaüs International, Orange et Les Ateliers du Bocage ont jugé ce développement nécessaire pour répondre aux dangers que soulèvent ces milliers de mobiles éparpillés dans la nature au Burkina Faso et en Afrique. Les substances contenues dans chaque téléphone abandonné (cadmium, plomb, mercure) sont ultra-nuisibles pour l’humain et son environnement. Pour répondre à ces enjeux majeurs, un projet de collecte et de recyclage des déchets de téléphones mobiles devenait une évidence pour préparer l’avenir. Une campagne TV de sensibilisation a même été mené sur place pour que les réparateurs et les revendeurs ne jettent plus ou ne brûlent plus leurs déchets électroniques dans leur arrière-cour ou en pleine nature.

« La collecte est effective depuis le 16 Mars, et à ce jour 2,5 tonnes de déchets ont déjà été collectés sur Ouagadougou. Nous allons démarrer sur Bobo-Dioulasso dès la fin du mois de mai. » Hubert Fodop Djojo, Chef de projet Clic Vert International, 17 mai 2010.


Fin 2010, 12 tonnes de DEEE ont été collectées, triées par matière et stockées avant d’être conditionnées strictement selon les normes françaises en matière de transports de déchets. Car les Ateliers du Bocage souhaitent rapatrier ces déchets en France pour les traiter dans nos filières de recyclage.

Liens utiles :


La pub télévisée de sensibilisation des Burkinabés aux risques liés à l’incinération des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) :





Etienne Delorme - 12 mai 2010

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