Avis à ceux qui ont dans leurs tiroirs des portables dont ils ne se servent plus. Ils pourront les faire recycler, comme les piles, les batteries ou les ordinateurs et aider du même coup l’emploi des défavorisés. L’ initiative s’ inscrit dans le cadre de la Semaine du développement durable, qui s’ouvre aujourd’hui. Elle permet de glisser son ancien mobile dans les 72 homes de collecte-en forme de gros téléphones oirs-qui seront installées dans les magasins Fnac.
L’ opération profitera à Emmaüs et à ses entreprises partenaires dont le personnel gère la récupération des produits. « Ces bornes ouvrent une voie prometteuse », explique Jacques Foulafier , responsable de Triem, une structure d’ insertion déjà spécialisée dans le tri et le démantèlement des appareils photo jetables. « Depuis que le numérique s’ est imposé, notre activité souffre. Alors que nous pouvions traiter 20 millions de jetables par an, nous sommes passés de 20 à 7 salariés permanents. » Déposer son portable dans les urnes soutiendra ainsi les « chiffonniers » affiliés à l’association de l’abbé Pierre. « Le gisement est énorme, assure le responsable. La durée de vie d’ un portable est de sept ans et les Français en changent tous les dix-huit mois. Beaucoup de mobiles pourraient être collectés , mais seuls 5% le sont » Selon les organisateurs , 12 millions de portables par an sont remplacés, stockés au fond des placards ou jetés. « Cela représente aussi un danger pour l’environnement car ces produits contiennent des métaux lourds, du plomb, du mercure et des substances chimiques nocives comme les éthers », indiquent les organisateurs .
Selon les spécialistes du recyclage,30% des mobiles peuvent trouver une seconde vie. Une fois collectés,les appareils , les piles et les chargeurs seront triés et testés . Ceux qui sont réutilisables pourront être revendus 20 ou 30€ sur le marché de l’occasion d’Emmaüs. « On compte envoyer en Afrique 1 ou 2 conteneurs par trimestre ; là-bas , les lignes téléphoniques classiques ne permettent pas aux plus pauvres de pouvoir téléphoner. Au Burkina Faso, nous allons créer une unité qui permettra aussi de traiter du matériel vendu sur place », indique Bemard Arru, responsable de l’entreprise d’insertion des Ateliers du Bocage.
En France, les mobiles de secondemain pourront aussi être revendus dans les 115 points de vente des communautés d’Emmaüs où on trouve déjà des ordinateurs de récup à des tarifs allant de 70 à 150€ selon les modèles. « On ne trouvera pas ces téléphones chez nous, cela nous coûterait trop cher car on commercialise 500 000 portables neufs par an », précise Denis Vicherat, en charge du développement durable à la Fnac. « Notre mission d’entreprise est de soutenir l’économie solidaire à travers ces bornes. » Comme tous les distributeurs, l’enseigne sera de toute façon bientôt contrainte de passer à la récup. « L’application effective du décret imposant de traiter ce type de matériel se fera dans quelques mois », annonce Alain Geldron , responsable du département recyclage à l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’ énergie. « A ce stade-là, les possesseurs de portables ne pourront plus les jeter à la poubelle. Les vendeurs devront reprendre l’équipement usagé lors de la vente d’ un neufet les fabricants seront obligés d’avoir prévu une filière de traitement »